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Avant tout, le cheval est un animal grégaire, qui, à part d’extrêmement rares exceptions dues à un passé plus qu’à leur nature profonde, préférera la compagnie de ses semblables à la vôtre.

Vous faire accepter comme part intégrante de la harde sera votre but si vous voulez parler le même langage. S’il est seul, la harde se réduira à deux membres, vous et lui, mais il se créera toujours une relation de harde.
Vous devrez obtenir de lui qu’il respecte votre espace, ne vous marche pas sur les pieds, ne vous bouscule pas, il faut qu’il sache que vous existez et que votre relation se fera dans le respect mutuel. Il y a presqu’ autant de cavaliers martyres que de chevaux martyres. Un cheval malin devient vite un sale gosse si vous ne lui avez pas donné de limites à respecter.
Sa grégarité l’a rendu sensible au point que le moindre sursaut d’un congénère le fera détaler sans chercher à savoir la cause de cet effroi. Grâce à de cette sensibilité exacerbée, qui lui sauve la vie à l’état sauvage, il aspirera vos propres émotions comme un papier buvard, si vous êtes apeuré il le sera aussi. Plus vous serez confiant, calme et vide, plus il le sera. J’entends par «vide» une absence de questionnement ou de préoccupation, un esprit serein et disponible, oubliez vos téléphones portables…
L’humain ressemble à un prédateur, encore plus si la peur lui fait écarter les bras, ou s’agiter dans tous les sens autour du cheval. Tenez-vous droit, sans raideur, à cheval ou à pied, les chevaux sont sensibles à cet axe que forme votre colonne vertébrale. Ne gesticulez pas, pas d’excès de mots, il ne fera plus attention à ceux qu’il doit écouter s’ils sont noyés dans un monologue interminable.
Soyez précis et clair dans vos ordres, utilisez les mêmes mots pour les mêmes choses, concentrez-vous sur ce que vous faites, agissez avec lenteur, calme et certitude.
Si vous ne savez pas ce que vous voulez, il n’y a pas beaucoup de chance qu’il vous suive dans votre errance. Il est sensible à votre imagerie mentale : plus votre but sera clair dans votre esprit, mieux votre message sera compris. Si vous êtes dans le flou, il le sera aussi.
Surtout allez au bout de ce que vous voulez, soyez patient, réfléchissez bien, demandez-vous si vous avez été clair dans votre ordre, mais ne lâchez pas : si vous voulez qu’il passe là et qu’il n’y a aucun danger pour lui, alors partez gagnant, vous passerez. Si vous voulez attraper un cheval dans un pré, soyez persuadé que vous l’aurez quoiqu’il en coûte, même si vous devez y passer votre vie, vous verrez, cela ira plus vite.
Pensez à récompenser – le cheval est gourmand ce qui rend l’apprentissage facile – un bout de carotte ou de pomme fera l’affaire, attention aux excès de sucre dans les bonbons pour chevaux, lisez les notices.
Prenez plaisir à ce que vous faites, aimez-le, vous voulez vous faire un ami, soyez un ami. Ne lui faites pas ce que vous n’aimez pas qu’il vous fasse.

Après ces quelques bases, reprenons : le cheval a donc besoin de compagnie, de bonne nourriture, de bons soins et d’amour.
En Suisse, les chevaux solitaires dans leur pré ne sont plus que des mauvais souvenirs, une loi protège enfin les chevaux contre leur pire calvaire : la solitude forcée.
Alors si vous voulez être un ami, donnez-lui de la compagnie – un mouton fera l’affaire si vraiment il doit vivre au pré tout seul – et allez le voir aussi souvent que possible. Je connais même un poney qui vit heureux avec une basse-cour. Sinon renseignez-vous autour de vous, quelquefois les clubs cherchent une retraite pour un de leur compagnons, votre cheval vous sera reconnaissant de cette compagnie, vous pouvez même trouver des associations qui vous aideront à nourrir ce retraité.
Il a besoin d’espace et d’exercice. Le cheval est un nomade, alors laissez-le marcher, un paddock c’est mieux qu’un boxe. S’il vit en boxe, allez le promener, même si vous n’avez que dix minutes, marchez en main aussi souvent que vous le pouvez, faites le brouter, vous aurez comme ça l’occasion de vous connaître mieux. Attention aux bas côtés des routes dont l’herbe est très polluée par les gaz d’échappement.
Faute d’herbe, il lui faut un bon foin, bien séché, odorant et sans poussière. Certains petits chevaux se passent de grains et un bon foin leur suffit. D’autres doivent être nourris en plus. Ils peuvent se contenter de granulés, mais vérifiez toujours la qualité de leurs aliments, pas de moisissures ou de mauvaises odeurs. Pas de nourriture trop riche, l’obésité existe chez le cheval et nuit à sa santé de sportif. La nourriture doit être en rapport avec les efforts fournis.
De l’eau propre en abondance, je préfère les seaux aux abreuvoirs automatiques, ils me permettent de bien vérifier la quantité d’eau bue. Quelquefois ce n’est pas possible, alors préférez les niveaux constants, les chevaux avalent moins d’air. Le ras du sol est la meilleure position pour tout ce qui concerne la nourriture.
Un bon pansage en indispensable. Cela vous permet de vérifier que tout va bien, mais aussi de développer les relations de harde. Plus vous manipulerez votre cheval, plus vos codes seront clairs et simples. Si la première fois que vous lui prenez un pied, il vous faudra insister, vous constaterez qu’au fil du temps, il suffira de dire « donne » et vous aurez les quatre pieds simplement en arrivant à leur hauteur. Si vous avez du temps, massez-le, longez les muscles dans le sens tête-queue, en suivant leur forme, vous ne ferez aucun mal. Il s’endormira probablement pendant la séance. Si vous avez sa confiance, pensez aussi à l’intérieur des oreilles dans lesquelles se trouvent tous les points d’acupuncture : massez légèrement en petits cercles. N’oubliez pas les joues, c’est avec ça qu’il serre les dents, important après une séance intense, masser doucement des dents vers la ganache.
Pensez à l’entretien des pieds, une ferrure ou un parage est à refaire toutes les six semaines environ.

Le cheval a besoin d’amour, au même titre que tout ce qui nous entoure, tout passe mieux avec de l’amour. C’est une des raisons qui font qu’un cheval ordinaire devient un crac en changeant de propriétaire : en plus de l’entraînement et de l’alimentation, l’amour que lui porte son lad ou son cavalier peut faire la différence. Il ne s’agît pas de le gâter, juste de l’aimer.
Les chevaux ont une excellente mémoire. Une bonne relation avec un cheval est une suite de bons souvenirs. Il n’y a malheureusement pas que ceux là,  mais si vous savez vous y prendre, ils primeront sur le reste.